Je vais insérer un carnet de guerre partant du début du conflit  et s'arretant brusquement le 30 ou 31 mai 1915 et malheureusement sans pouvoir identifier le nom de l'auteur si vous avez des idées en lisant ce récit je vous serais très reconnaissant de m'en faire et je vous en remercie d'avance .

 

   Il manque malheureusement quelques pages notamment au début et la fin de ce carnet s'arrete aussi brutalement soit par perte ou alors par un moment tragique survenu a cet homme .

 

 

 

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" ... sont employés a tous nos préparatifs de départ .------ de bats , harnachement , munitions . L'éffectif des hommes est  compléter également , et le 3ème jour tout est prêt . Ce jour la le régiment fait une petite marche de 3 ou 4 kilomètres . Au retour le Colonel rassemble tout le régiment sur la place Bonniot   , la musique ouvre le banc : Le colonel présente le drapeau , et a peu près en ces termes ( soldats du 78ème regardez votre drapeau , le jour est venu ou on le menace , et c'est a nous tous de le défendre ) . Puis retraçant notre devoir envers la Patrie , il ajoute la route sera dure et nous laisseront derrière nous des traces de sang . Mais je suis sur que vous ferez tous votre devoir ( plus que votre devoir , puis il termine avec la conviction que nos chères provinces conquis en 1870 reviendrons à notre chère France ). La musique sonne au drapeau , toute la population massées autour de la place , salue respectueusement et applaudit vaillamment en l'honneur de ces vaillants soldats qui acceptent avec un sourire , les paroles que vient de prononcer leur colonel . Dans la soirée tout est prêt , et en route vers la gare , notre train est la et va nous conduire vers un pays inconnu . La foule est aussi sur notre passage et nous jette des fleurs..."

 

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" Arrivé à la gare il nous faut embarquer nos animaux , nos voitures , ce qui demande jusqu'à la nuit . Enfin nous montons a notre tour en wagon , et la foule massée autour de la gare nous salue une dernière fois , tout le monde est joyeux et on chante la Marseillaise . Ah cette fois nous voici bien parti . Notre premier arrêt est St Sulpice ou nous buvons le café , 1/2 heure après le train reprend sa marche . La nuit est belle , un clair de lune magnifique . Nous en profitons pour regarder au dehors , mais bientôt on se lasse de voir le pays la nuit , et le sommeil se fait sentir , c'est donc tant bien que mal , que nous nous disposons a dormir en wagon , au petit jour lorsque l'on se réveille nous sommes dans dans les riches plaines de l'Indre . De grandes étendues de récoltes , principalement en avoine couvre encore la terre , les unes en gerbes , les autres pas encore coupé , le mauvais temps a empêcher la moisson de se faire assez vite , et maintenant la guerre vient à nouveau contrarier ce travail . Bientôt nous traversons Issoudun , et nous roulons toujours a travers un pays superbe et bientôt nous arrivons a..."

 

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" Bourges , ou déjà nous avions aperçu de loin la superbe cathédrale , puis c'est Sancerre avec son superbe viaduc , là , on s'arrette un instant pour faire la distribution de café , ensuite nous traversons la Loire , très large a cet endroit , puis c'est Auxerre , mais voici que le jour commence a s'éteindre , et nous roulons toujours , notre train tout orné de drapeaux , de branchages est salué joyeusement par la foule tout le long du parcours , nous avons tous le coeur gai et nous filons sur Troyes , ou nous voudrions arriver avec impatience . A peu de distance de là nous apprenons que notre itinéraire est changé et que nous allons continuer le voyage sur St Ménéhould , il faut donc passer la nuit encore en wagon . Lorsque le jour commence à paraître nous sommes sur les bords de la Meuse et bientôt nous apercevons la ville de Chaumont . Un petit arrêt a la gare du lieu dit et nous continuons notre route . Nous voici dans le plateau de Valmy , ou nous saluons la statue du Général Kétermann , et enfin nous arrivons a St Ménéhould le point terminus , ou nous débarquons après trente sept heures de chemin de fer ....."

 

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" Après notre débarquement , nous nous formons dans un endroit désigné , et en route pour un cantonnement voisin : et pour faire la route l'eau commence à tomber . Après deux heures de marche dans le département de la Marne nous sommes dans la Meuse , nous arrivons a la  Chalade petit bourg silencieux aux milieu des bois , a noter que depuis St Ménéhould  nous sommes dans la forêt de l' Argonne . La première préoccupation c'est de nous abriter car l'eau tombe averse . Nous voici installé dans un cantonnement , et très heureux de pouvoir se sécher correctement . Nous passons la une bonne nuit de repos . Le lendemain un beau soleil a succédé a la pluie de la veille , l'aspect est charmant au milieu de ces bois . Les journées du 9 et 10 nous les passons a la Chalade , ou nous employons la presque totalité du temps a faire des manoeuvres dans les bois voisins . Le 11 août a neuf heures du matin nous quittons la bourgade , emportant de ce séjour un heureux souvenir . La chaleur est très forte si bien qu'après être sorti des bois , les hommes tombent accablé par la chaleur , nous arrivons a Boureuilles ou nous devons cantonné nous y passons la journée et celle du lendemain ...."