suite 3

 

 

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" ... nous marchons ainsi jusqu'au coucher du soleil , a la nuit le régiment se range a coté d'un bois ou on mange quelques vivres de réserves , nous allons donc passer la nuit ici : vers neuf heures , une fusillade se fait entendre non loin de nous nous passons tout de même la nuit tranquille . Le vingt huit août réveil au petit jour , cette journée est pour nous terrible , après avoir suivi un itinéraire quelques instants , nous revenons a notre point de départ , et nous prenons vivement les formations  , la fusillade se fait entendre avec acharnement , a notre tour le régiment s'engage , le feu est terrible , l'ennemi est posté dans les bois voisins , devant nous hardiment les compagnies s'élancent dans ce bois , et alors , ce n'est plus que crépitement de balles , et grondement de canon . Notre section de mitrailleuses engagé près de l'ennemi dans un bois est forcée de revenir en arrière pour pouvoir tirer . En toute hâte nous voici en position au milieu d'un champs , n'ayant comme abri que quelques brins d'herbe , aussi nous ne tardons pas a être aperçu et les mitrailleuses ennemies ne manquent pas de nous arroser continuellement , nous .... "

 

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" ... obligeant de temps en temps a baisser les oreilles . Durant trois grandes heures nous restons sur cette position ou nous brulons une quantité de munitions , infligeant a l'ennemi des pertes assez sérieuse . Mais de ces bois surgit toujours des allemands , et petit a petit nos lignes reculent , et déjà les pertes sont grandes et nous avons pas de renfort . Il faut donc songer à déménager , mais l'artillerie qui nous surveille au moment ou nous nous disposons a partir une avalanche d'obus nous arrive de toute part , c'est le sauve qui peut , chacun s'enfuit le plus vite possible . Les pauvres blessés qui incapables de continuer leur chemin , reste sans secours , car vouloir les aider serait rester avec eux tellement le feu était terrible , après s'être mis hors de ce feu infernal , on se reforme le plus vite possible , nous arrivons a un petit village encombré de blessés , nous quittons au plus vite cet endroit car l'ennemi continue sa course après nous , sachant que nous avons de lourdes pertes . Nous marchons jusqu'à la nuit , et nous avons fait plusieurs kilomètres . Un repas réparateur est pris sur le terrain .... "

 

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" ... avant d'entrer au village voisin ou nous devons cantonner . Chacun est ému en ce soir de bataille de la Besace , notre régiment ne forme guère que l'éffectif d'un bataillon , a notre section nous avons eu trois blessés et deux autres sont resté sur le champ de bataille , car nous les avons pas revu , sont ils prisonniers , sont ils morts , nous en savons rien . Enfin nous passons une nuit de repos , bien méritée , et le lendemain nous continuons notre retraite avec le coeur gros des souvenirs de la veille , les rangs sont clairs nous ne formons qu'un petit groupe , et autrefois c'était un long ruban sur les routes de la forêt de l'Argonne . Durant tout l'après midi nous restons au repos , et a la nuit nous prenons aux avants postes , le lendemain nous restons dans les mêmes positions , ou nous sommes remplacés a cinq heures sans que nous ayons aperçu l'ennemi , nous revenons a un village voisin ou nous passons la nuit a la belle étoile . Le trente et un nous partons a six heures le régiment est ce jour la réserve générale , de depuis l'aurôre le canon tonne d'une façon continue nous passons l'après midi tranquillement dans une petite plaine , et a trois heures nous partons .... "

 

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" ... a l'aile gauche de notre armée , pour protéger la retraite d'un de nos régiments voisin . Bientôt nous apercevons nos troupes qui arrivent un peu en désordre , disant que la lutte avaient été chaude . Bientôt les gros canons ennemis tirent dans notre direction , faisant un vacarme épouvantable , heureusement leur tir n'est pas juste et nous cause aucun dommage . Nous passons la nuit près d'un petit bois . Le lendemain nous partons à sept heures , la chaleur est grande et après plusieurs heures de marche nous faisons halte à Quatre Champs là , nous devons y passer la nuit , notre régiment a été compléte par des hommes du dépot , remplassant les braves tombés au combat du 28 . Tout le long des routes le spectacle est navrant , les villages sont tristes , les maisons sont abandonnées , les habitants fuient emportant leurs pauvres hardes soit a pied les autres en voitures . De grand troupeaux de moutons galope la campagne , des troupeaux de boeufs , de vaches , errent de toute part , en beuglant car certains de ces animaux n'ont pas bu depuis plusieurs jours , et il est regrettable de laisser un butin de si grande valeur aux mains de l'ennemi qui saura l'employer a propos , ..." 

 

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" ... Espérant passer une nuit tranquille à Dompiere nous apprenons que nous continuons la route et a la nuit par un beau clair de lune nous quittons , nous marchons jusqu'a une heure avanc"e de la nuit , depuis la veille nous avons fait plus de vingt kilomètres , nous avons donc tous bien sommeil aussi après halte chacun s'endort profondément se croyant en sûreté , mais au petit jour le canon tonne près de nous nous en sommes tous surpris , bientôt l'ennemi marchera plus vite que nous , aussitôt nous voici en route et bientôt nous faisons face a l'ennemi dans un immense bois de sapin , nos positions sont médiocres , et bientôt les canons ennemis ne tardent pas a nous arroser , nous restons près d'une heure sous un feu violent , on dirait que l'ennemi aperçoit nos mitrailleuses , durant ce bombardement un caporal de la section est blessé aux pieds , moi même j'ai ma semelle de soulier coupée par un éclat d'obus , mais c'est tout . Les villages que nous avons devant nous subissent bientôt le sort de l'incendie , et ce n'est plus maintenant que d'immenses brasiers ou s'échappe de longue traînées de fumée . Dans la soirée .... "