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" ... nous apercevons avancer , de grosses masses de cavalerie ennemie . La nuit venue on nous recommande d'ouvrir l'oeil , car il nous garder nos positions jusqu'au matin , et l'ennemi qui s'avance toujours , il faut lui faire face et l'empêcher d'vancer . La nuit est mouvementée et au petit jour nous cédons vivement la place pour prendre position un peu en arrière et retarder comme la veille l'ennemi dans sa marche . A peine le jour a t'il parut que le feu s'engage , et comme nos positions ne sont pas très bonnes , nous sommes encore sous un feu d'artillerie des plus violents . A midi il nous faut continuer la retraite et durant les 2 ou 3 premiers kilomètres nous sommes accompagné d'une drôle de façon , ce qui nous oblige a fuir comme des hommes que l'on poursuit et c'est bien la vérité . Enfin une fois hors de porté des canons , l'ordre et la tranquillité se rétablit dans nos rangs . La chaleur est grande : nous traversons ensuite la petite ville de Suippes . Les habitants ont abandonné presque tous leur demeure , on distribue quantité de provisions à nos soldats , car les allemands dans quelques instants seront maîtres de tout , en toute hâte nous sortons ... "

 

 

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" .... de Suippes : et c'était temps , une importante colonne de cavalerie est à nos trousses . L'artillerie ennemi nous atteint déjà , et à notre tour il faut faire face à l'ennemi , qui nous talonne de plus en plus . Quelques batteries d'artillerie de nos 78 font face avec quelques éléments d'infanterie et durant l'après midi , ces quelques fractions se défendent énergiquement , retardant de ce fait l'ennemi et infligeant a l'ennemi des pertes assez sérieuses . Après s'être dispersé dans les bois de sapins qui ne manquent pas dans ce pays : nous continuons notre route vers Chalons sur Marne . La chaleur est accablante et il nous faut marcher plus vite que l'envie , bientôt nous voici sur la grand route ou la poussière atteint plusieurs centimètres . Plusieurs régiments se pressent à nos côtés , on aperçoit que des nuages de poussière . Jusqu'a six heures du soir nous marchons ainsi , et après s'être dissimulé derrière un bois on allume du feu et comme nous possédons que quelques pommes de terre ramassées dans un champ voisin , nous allons en faire notre frugal repas , et nous en sommes déjà bien heureux . Le sommeil se fait cependant sentir , mais il ne faut pas y songer encore , ... " 

 

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" ... car nous reprenons la marche et ce n'est qu'à plusieurs kilomètres de la que nous pouvons nous coucher , sans avoir eu soin de chercher de la paille tellement la fatigue nous accable . On s'endort profondément . Au petit jour nous reprenons notre marche , nous retraversons la route que nous avons quitter la veille : la , des hommes sont échelonné sur les côtés de la route qui accablé par la chaleur et la fatigue , sont incapables de continuer leur chemin . Vers dix heures nous faisons halte , et comme repas nous avons encore quelques pommes de terre , que nous ramassons comme la veille dans un champ voisin . Enfin on nous distribue de la viande et autres denrées et chacun y fait sérieusement honneur . Bientôt il faut songer à continuer la route , car on apprend que dans la matinée , certains régiments de notre corps d'armée se sont fait surprendre par la cavalerie ennemi il nous faut donc marcher sans cesse . Les hommes font preuve d'énergie complète , et cependant les fossés sont garni de soldats qui accablé de fatigue et exténué de chaleur , sont incapables de continuer leur route . Vers trois heures du soir nous trouvons notre convoi de ravitaillement , on nous fait une distribution de vivres , qui est accueillie avec joie . ..."