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" ... On se remet en marche jusqu'a St Amand ou nous devons cantonné . St Amand petite bourgade , arrosé par un paisible ruisseau et comme nous y arrivons avant la nuit , nous en profitons pour nous nettoyer , chose qui n'a pas été faite il y a déjà longtemps . Le lendemain cinq septembre . On nous réveille à deux heures et demis du matin , nous marchons dans la direction de Vitry le François , nous rencontrons sur les routes une quantité de régiments qui comme nous marchent le plus vite possible . Nous marchons ainsi jusqu'a dix heures sans prendre de repos , et nous traversons la coquette ville de Vitry le François qui est déjà abandonnée de ses habitants . Plusieurs corps de troupes s'embarquent a la gare de Vitry . ce qui dégage un peu les routes : et nous filons toujours comme des lapins , ne connaissant plus la fatigue et cependant la chaleur est terrible . Après avoir marché presque jusqu'a la nuit , nous arrivons a un village ou nous prenons un repos bien mérité . Le lendemain nous partons a cinq heures , nous passons la journée dans un champ a quelques kilomètres du lieu ou nous avions passé la nuit , on nous fait une bonne distribution de vivres ou nous avons largement de ... "

 

 

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" .... quoi nous satisfaire : a un appétit qui depuis longtemps était négligé forcément . dans la soirée nous nous rendons au village voisin ( Le Petit Paris ) ou nous passons la nuit a la belle étoile . Le sept septembre est ce jour le premier de la deuxième partie de la guerre : cette fois la retraite est fini . De la retraite succède  la marche en avant , cette nouvelle disposition demande du courage et attention . Le coeur plein d'entrain fidèle dans notre devoir , nous quittons le ( Petit paris ) : Au lever du soleil , le canon commence a gronder , cette musique qui depuis deux jours n'avait pas tracassé nos oreilles , se fait entendre de nouveau , il nous faut donc nous remettre au son de cette triste harmonie . Le premier bataillon de notre régiment se trouve détaché a la quarante sixième brigade . Nous passons au poste de commandement , et les ordres reçu nous partons dans la direction de l'ennemi . C'est d'abord le canon qui se charge de nous arrêter , mais nous continuons a avancer . Nous sommes en ce moment près de Chatelraould , a coté du château de Beaucamp . A quelques centaines de mètres de la les balles nous obligent à nous coucher à terre et nous restons dans cette position près d'une heure ... "

 

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" ... malgré un feu violent certaine fraction avance tout de même , mais le sang coule déjà et les blessés reviennent en grand nombre en arrière pour les soins nécessaires , malheureusement certains en sont incapables . Nous apprenons avec regret que notre lieutenant qui commandait autrefois la section de mitrailleuse vient de tomber bravement a la tête de sa compagnie frappé d'une balle en plein front . Notre section revient en arrière pour prendre une position convenable et c'est sous un feu violent que nous faisons le déplacement . Flanquer derrière le talus d'unchemin nous avons que l'ocasion de tirer rarement , car comme toujours devant nous l'ennemi se dissimule dans les bois et nous apercevons pas grand monde . La nuit venue tout parait calme et nous nous couchons non loin de là dans un grand fossé . La nuit est tranquille . Le matin au petit jour , nous sommes réveillés par la sonnerie des balles et nous apercevons nos lignes d'avants postes qui descende la plaine dans une course effrénée et en désordre le plus complet , notre position de la veille n'est pas favorable pour la circonstance . Il nous faut donc rassembler nous aussi notre matériel ... "

 

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" ... et fuir au plus vite : arrivé au château ou sont nos mulets nous chargeons  tout le matériel en attendant de trouver du renfort , cette débacle est du a une surprise de nos avants postes attaqué avant le jour a quelques mètres seulement . Mais voice que nos 75 se melent de la partie et après deux ou trois rafales , l'ennemi ne trouve plus sa poursuite agréable , et pendant ce temps la le renfort arrive : Nous sommes en position et alors , le combat bat son plein , derrière nous deux batteries de 75 tirent avec violence durant cette journée le vacarme est assourdissant , notre position est médiocre , aussi nous sommes nous l'objet de cibles pour l'ennemi , mais sans nous décourager nous tirons presque toute la journée et notre tir parait efficace . Durant cette journée nous ne comptons qu'un blessé a notre section . La nuit venu nous nous rendons au village voisin , pour y prendre un peu de repos bien mérité . Depuis deux jours nous sommes sans vivres . Moi même était très malade , c'est a grand peine que je pouvais me soutenir , une fièvre me cosumait depuis la veille , et des coliques atroces me tordaient affreusement . Ma nourriture durant trois jours consistait en ... " 

 

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" ... fraîche , ( maigre traitement a vrai dire ) mais pour deux raisons je ne pouvais prendre autre chose , premièrement , parce que nous avions rien et ensuite , j'étais trop malade . Enfin arrivé au village des amis m'installe un lit de paille ou je m'endort profondément , a côté des pauvres blessés et des morts qui avaient été transporté dans cette grange . Durant la nuit les infirmiers , à plusieurs reprises , viennent pour s'occuper de moi , chaque fois je répondais ( je ne suis pas blessé ) . Me sachant malade , la section au petit jour , me laissant reposer a mon aise , a repris ses positions de la veille . Je les rejoins bientôt , et l'ordre a été donné de nous porter en avant a coté du 107 ème , puisque notre bataillon , réduit a un tout petit effectif s'est retiré forcément . Nous avançons prendre nos positions du premier jour . Durant cette journée , l'action du combat se passe presque tranquille , seule , l'artillerie tire toujours avec violence . A la nuit nous revenons au village ou nous passons la nuit dans un jardin . Au matin , jugeant mon état toujours faible , le c .. de la section me laisse au village ... "

 

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" ... avec mission de savoir ou était notre bataillon , car nous devions le rejoindre le soir même . Après avoir accompli ma mission dans la journée , je reviens a la recherche de la section . Chemin faisant je me trouve dans une zone battue par la grosse artillerie allemande , ne sachant que faire je m'arrête pour m'abriter derrière un arbre , et dieu merci , je reconnut après que j'avais eu de la chance : car sur la route sept ou huit soldats venaient d'être tué . Quoique fatigué je me sauve vite de cet endroit dangereux . Je continue donc ma route pour retrouver la section , arrivé à l'emplacement de la veille , il n'y a plus personne : ne sachant ou aller , je reste avec l'échelon qui s'est réfugié dans le parc du château de Beaucamps . Vers quatre heures le combat bat son plein , l'artillerie fait un vacarme épouvantable : les mitrailleuses ne font plus qu'un son et dans nos grands arbres paisibles de ce beau parc les balles et les obus tombent de tout côtés : faisant toujours quelques blessés , parfois des morts . J'apprends que la section n'est pas engagée et leur retour avec nous vient d'être annoncé par l'agent de liaison .... "