suite 9

 

 

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" .... nous constatons un grand changement , a côté de l'emplacement que nous venons de quitter car ici les tranchées sont à 200 mètres environ les unes des autres . Les fusils tirent sans cesse , après avoir reconnu  nos emplacements , il nous restait plus qu'a construire des abris et emplacement , nous revenons à Jonchéry chercher notre personnel et durant le reste de la journée , on travaille a cette besogne , ou nous avons à notre disposition quantité de traverses de chemin de fer , a la nuit nous abandonnons le travail .Le lendemain , 20 , de nouveaux ordres ont été donnés , nous devons changer de place , et il faut donc recommencer le travail , durant cette journée , on s'emploie donc a cette besogne , a la nuit , tout est prêt , nous revenons à Jonchéry , en attendant , la nuit est mouvementée , nous apprenons que l'attaque va se faire le lendemain matin , aussi dès 5 heures nous voici en route pour notre emplacement , les bataillons de notre régiment sont déjà rassemblés au petit jour , le 63è attaque également soutenu par le 107è d'infanterie . L'attaque doit être très importante en raison des forces engagées et des positions fortement définie , et la disposition des emplacements . A 7 heures , nous sommes a notre place , nous devrons tirer sur les tranchées ennemi lorsque nos troupes ... "

 

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" ... se porterons a l'assaut a l'avant . Tout le monde est anxieux en attendant ce moment critique peu être . A 9 heures nos 75 ouvrent le feu , bientôt les 155 et autres se mettent à gronder et ce n'est plus qu'un vacarme épouvantable , les fils de fer sautent de toutes parts , et bientôt nos braves fantassins vont pouvoir passer facilement dans ces brèches . La fusillade des plus vive mêle son crépitement a celui des canons , les canons se taisent , et nos compagnies s'éléncent a l'avant , nous assumons le feu avec nos mitrailleuses sur un saillant , et nos fantassins sont déjà dans la plaine , montant fièrement déloger les Allemands  , les voici dans les tranchées , l'ennemi n'y est plus , le bombardement les en a chassé , a notre droite le 63è opère ainsi que le 78è , mais moins heureux que ce dernier trouve devant lui , une forte résistance , et les fils de fer ne sont presque pas couper , tous ceux qui s'élénce de leurs tranchées sont criblés de balles et le canon fait rage également , pendant tout ce temps , il va sans dire que la grosse artillerie ennemi tire sur nos tranchées avec violence , nous même nous sommes encadrés de façon méthodique , un canon revolver qui était a côté de nous vient d'être mis hors d'usage par une marmite . Donc voici les tranchées devant nous conquises , la droite est incapable d'avancer , que va t'il se passer .... "

 

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" ... quelques heures se passent , nous sommes tristes car la situation est bizarre . Notre colonel a été blessé au début de l'action , deux chefs de bataillons également , tout un bataillon est dans les tranchées ennemi , la plaine jonchée de cadavre , il faudrait envoyer du renfort , car une contre attaque est sûrement a craindre , mais la droite ne peut avancer , inutile d'envoyer du renfort . L'artillerie ennemi se remet a gronder terriblement et voici apparaître les casques à pointes , la contre attaque chacun répète , que faire  , bientôt une mêlée épouvantable , un corps à corps s'en suit , et nous sommes là impuissants devant ce triste spectacle , mais après une heure de combat acharné ou les nôtres luttent jusqu'à leur dernière cartouche , l'ennemi s'en rend maître , et voici le combat terminé , plus de deux compagnies sont prisonniers , la plaine est recouverte de morts , et l'artillerie a fait dans nos tranchées un mal considérable , ( tel est le fruit de cette journée ) . Par une soirée superbe , cette triste journée s'achève , et nous pleurons notre perte ( 21 décembre 1914 gravé dans nos souvenirs ) . Les jours suivants furent assez agités par un bombardement continuel de la part de l'ennemi , notre emplacement , que nous devions garder que la journée de l'attaque , nous restons sur nos positions jusqu'a la 1ère semaine de janvier . Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier .... "

 

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" ... l'ennemi bombarde généralement partout a minuit . Dans la première semaine de janvier , nous quittons cet emplacement pour nous porter au milieu de notre régiment a quelques centaines de mètres a gauche : la les tranchées ennemis sont bien à 600 ou 700 mètres , l'emplacement est plus tranquille , c'est ainsi que jusqu'au 24 mars 1915 , nous gardons cette place . Procédant comme dans le secteur d'Auberive , nous nous relevons par moitié tous les 3 jours , ensuite tous les 4 jours . Notre séjour de 3 ou 4 jours de repos se passe a Jonchéry , ou nous possédons un assez bon cantonnement , car nous avons une maison que les obus n'ont pas démoli , les ville de Suippes , de Mourmelon qui sont à proximité sont d'une grande utilité pour notre ravitaillement supplémentaire , c'est ainsi que nous pouvons avoir du vin à volonté , Jonchéry était souvent bombardé , c'est donc pour ça qu'il fallait prendre des précautions , aussi les caves étaient en grand nombre , et chaque jours on voyait s'agrandir chaque côté du village , le village souterrain qui était construit par les soins du génie , l'église qui jusqu'a la fin de janvier avait été épargné était démoli , de plus en plus , chaque jour par les obus qui paraissait s'acharner sur ses murs sacrées , Jonchéry ,-- .... "

 

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" ... charmant endroit près du camp de Chalons , a 500 mètres de st Hilaire , arrosé par une charmante petite rivière ( La Suippes ) percé de route superbe , une campagne fertile et habité par une population aisé et laborieuse , il ne reste que les ruines , l'ennemi prononçant chaque jour sur ce petit endroit un bombardement méthodique et régulier . Durant notre séjour a Jonchéry ce fut plus particulièrement la période du coeur de l'hiver , le froid fut assez supportable d'une température plutôt modérée , mais l'eau , le mauvais temps sévissait plus de 20 jours par mois , rendant nos tranchées presque impraticable et la vie désagréable , la neige fit quelquefois son apparition , mais de courte durée fut son séjour sur la terre . Durant toute cette période , dans les tranchées aucun ordre d'attaquer ne fut donné , que quelquefois des simulacres , l'ennemi de son côté ne nous attaquait jamais mais le bombardement était le combat de chaque jour , et encore beaucoup plus fort de notre part que de la part de l'ennemi , néanmoins l'artillerie ennemi nous fit bien des victimes , on avaient construit quantité de boyaux de communications pour accéder aux tranchées de premières lignes , car la plaine , le passage était trop dangereux . Au commencement de février , on dota les régiments de 4 sections de mitrailleuses au lieu de 3 ce qui ... "

 

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" ... nous permis , a chacune des trois sections en ligne de quitter et de prendre un repos complet a Mourmelon de 5 ou 6 jours , ceci nous arriva 2 ou 3 fois chaque section , c'est durant une de ces périodes a Mourmelon que j'eu la chance de coucher dans un lit , ce qui ne m'était pas arrivé depuis 6 mois . Pendant ces longues journées de tranchées ou de repos a l'arrière des lignes , chacun s'employait a un travail intéressant , c'est ainsi que les cartes remportaient , le ..... des heures de loisirs , ( la bourre ) ( le brac ) la .... manille ) faisait oublier les heures si longues et parfois si triste . Moi même , j'appris quelquefois ce que les parties coûtaient . Ensuite venait le travail de l'Al_____ des obus Allemands qui était employer plus spécialement a faire des bagues , il n'était pas rare de voir soit au repos soit dans la tranchée un soldat , une lime a la main , façonner tranquillement un métal venant d'un obus lancé par l'ennemi avec l'intention de semer la mort parmi nos rangs . La fonderie de Jonchéry restera mémorable parmi la section ou nous possédions un petit poêle ( espèce de petit fourneau ) ou tous les débris et morceaux difforme d 'Al était fondu et façonné ensuite en divers objets notamment des encriers , des médaillons , etc . ...."