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" ....Après être habitué dans notre secteur en attendant les beaux jours , et on était arrivé a creuser des caves ou on y était en sécurité , on nous appris que nous allions partir , nous devons être remplacé par le 2ème corps d'armée . Le 24 mars 1915 , nous quittons les tranchées de Jonchéry , tout le 12ème corps d'armée est relevé de Jonchéry , nous rendons à Mourmelon sous une pluie torrentielle , nous arrivons à Mourmelon a 2 heures du matin , après conversation et renseignements , on chuchote que nous allons en arrière pour prendre un repos bien gagné dit on . Le lendemain 25 , nous quittons Mourmelon a 6 heures du soir , nous marchons jusqu'à 2 heures du matin , et nous arrivons a Courtesol ou nous allons cantonner , après avoir passé une agréable journée , nous quittons l'endroit à 6 heures du soir , nous marchons jusqu'à minuit et nous arrivons à Coupeville , nous y passons la journée du 28 et nous croyons resté ici plusieurs jours mais le lendemain 29 mars qui est le dimanche des rameaux , nous recevons l'ordre de quitter l'endroit a 7 heures , il fait un beau temps superbe et chacun est décoré de petites branches de buis . A midi , nous arrivons a Chépy sur la grande route de Chalons sur Marne , nous avons fait a peine 8 ou 9 kilomètres , nous restons à Chépy 2 jours . Le 30 a la nuit par un temps épouvantable , nous quittons Chépy pour ... "

 

 

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" ... aller s'embarquer a la gare de Vitry la ville , il y a environ 2 heures de marche , et quand nous arrivons a la gare , nous sommes tous glacés étant mouillés jusqu'aux os . Après avoir touché quelques vivres , nous montons en wagon , sur un lit installé avec du foin que nous avons trouvé notre train se met en route , ou allons nous ? nous en savons rien , lorsque nous nous réveillons au petit jour , nous sommes dans une campagne recouverte de neige , de hautes collines recouvertes de sapins , que était ce pays , nous étions dans la Meurthe et Moselle , nous approchions de Toul , et voici que quelques temps après nous apercevions les portes de Toul . A 7 heures nous débarquons a la gare de Toul , après une grande halte d'environ 1 heure nous reprenons la marche , chemin faisant nous entendons le canon , et bientôt nous apercevons le tir des canons ennemi sur les avions , après avoir marché presque toute la journée , un peu avant la nuit nous arrivons au cantonnement , a....., nous y passons une bonne nuit de repos réparateur , et le lendemain une agréable journée . Le lendemain matin 2 avril nous quittons (Villiers en Aye , a 8 heure et bientôt nous arrivons a notre cantonnement a Martincourt par de petites routes encaissées , arrivé en ce lieu , nous avons le plaisir de voir passer un convoie de prisonniers , ils sont au nombre de 200 dont quelques officiers , la journée du lendemain ... "

 

 

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" .... après avoir pris une bonne nuit de repos , des ordres très sérieuses sont données , nous devons faire une attaque dans la nuit du 3 au 4 . Nous quittons Martincourt a 2 heures de l'après midi , nos bataillons s'engagent dans les bois de Lironville , -------------------------------------------------- vers 9 heures nous entendons une faible fusillade . Les sections de mitrailleuses , après avoir laissé leurs  échelons de munitions se mettent en route du côté ou se produit l'attaque , arrivé au poste de commandement , nous recevons d'attendre que la prise du village soit confirmé pour s'y rendre , nous attendons ainsi jusqu'au petit jour , et nous approchons du village , les compagnies du régiment ainsi que des équipes du génie sont a même de creuser vivement des tranchées car ici on a l'impression de la guerre en rase campagne , la première section de mitrailleuse reçoit l'ordre d'aller prendre position sur une colline , a 200 ou 300 mètres en arrière de Régnieville ... "

 

 

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" ... nous disposons vivement a construire une tranchée , au premier coup de pioche , une pluie de balles venant de la crête en face , nous oblige à abandonner le travail , et nous ramassons lestement notre matériel pour fuir à l'abri , par bonheur , a quelques mètres d'ici , de petites tranchées ayant été construite par l'ennemi .Nous nous y entassons tous et nous disposons nos mitrailleuses en batterie . Un temps épouvantable , une pluie glacée tombait sans cesse : c'est dans cette position , position des plus critiques que l'on puisse s'imaginer , que nous dûmes passer la journée de Pâques , ce n'est qu'à la nuit qu'il nous fut facile de lever la tête car de ce point ou nous sommes , il faut bien se garder de se montrer pendant le jour , car l'artillerie ennemi ne manquerait pas de nous bombarder: durant cette première nuit , on s'emploie a creuser un peu plus , car il nous faut garder cette place , mais une pluie glacée tombe toujours avec violence , les attaques chaque côté de nous se poursuivent avec acharnement , et le jour nous reprend dans notre triste endroit , ou nous sommes glacés par la pluie qu'il est tombé durant la nuit . La prise de ce village qui a été assez facile pour nos compagnies vont connaître malheureusement des heures plus tristes , l'artillerie ennemi , qui .... "

 

 

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" ... parait disposer d'un grand nombre de canon tire avec acharnement , sur le village et ses abords , si bien que la position est tout a fait mauvaise . La journée du lundi se passe assez tristement , nous sommes toujours figés dans nos trous , et l'ennemi bombarde de plus en plus , les attaques qui se poursuivent a nos côtés depuis le samedi soir sont partout enrayé . Le lundi soir , j'obtins l'autorisation du lieutenant de faire le ravitaillement en vivres , je quitte la petite tranchée à la nuit , et je me dirige du côté de l'échelon pour savoir s'il a été distribué des vivres : des distributions ont été faite , et alors je conduis les hommes qui apporte les vivres jusqu'a l'emplacement de la section de tir , et je les ramene a leur emplacement , car le chemin est difficile , il faut un guide . Durant la journée du 6 , je la passe à l'échelon , prenant de ce fait un bon repos réparateur , le soir , je conduits de nouveau la corvée de vivres et les ramene a leur point de départ , le lendemain , j'opère de la même façon , un bombardement des plus sérieux continue toujours car on doit faire de nouvelles attaques , mais ces attaques s'arrêtent même avant d'être bien engagées , car des forces supérieurs s'oppose , et des défenses très bien organisées s'y opposent ...