suite 11

 

 

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".... Le 6 au soir je reviens ravitailler , et sur demande je descends au village de Régnieville , pour prendre des renseignements d'un commandant de bataillon , en vue d'une attaque du lendemain , ou nous devons soutenir l'attaque , je reviens transmettre les ordres a mon lieutenant , et chemin faisant , je me flanque dans les fils de fer barbelés des allemands , et je me fait une blessure a la main , qui heureusement ne s'agrava pas . Après avoir pris des ordres de mon chef de section , je reconduisis les hommes de corvée , ce qui fut particulièrement difficile , car on se trompa de chemin , et nous errâmes plus d'une heure dans une plaine remplie de fil de fer auxquels était attaché des sonnettes , ce qui faisait un vacarme épouvantable , enfin après avoir reconnu notre route , nous arrivons au point de l'échelon au petit jour . Durant la journée du 7 , ce fut un bombardement terrible  , on devait faire attaque sur attaque , et on fit rien du tout , tellement la position étai difficile , avant la nuit , je me rendis auprès de mon lieutenant pour recevoir des ordres , s'il fallait opérer comme d'habitude , et quand j'arrivais a l'ancien emplacement au milieu d'un bombardement redoutable , la section avait disparu  et s'était .... 

 

 

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" ... porté dans le village de Régnieville pour suivre un de nos bataillons qui devait attaquer la tranchée ennemi le soir même , mais cette attaque fit comme les autres , elle échoue également et je reçus l'ordre de ravitailler comme d'habitude . Je quittais donc le village en compagnie des hommes de corvées du bataillon par un vallon ou il y avait de la boue jusqu'aux genoux , une pluie tombait avec violence et , arrivé à l'échelon , j'appris que le régiment était relevé , il était donc assuré que il n'y aurait pas distribution de vivres . J'en fus très heureux car j'étais trempé jusqu'aux os et bien fatigué , c'est donc en prenant un peu de repos que j'attendis la relève de la section qui arriva qu'à 7 heures du matin , tout le monde était méconnaissable , couvert de boue , exténué de fatigue ; Après avoir chargé le matériel et pris un peu de nourriture , nous nous dirigeons sur Martincourt , arrivé là , nous faisons grand halte , et après nous filons plus loin a 3 ou 4 km de la , a Gézoncourt , nous y arrivons dans la soirée , par un temps des plus mauvais , toujours la pluie , la boue sur ces petites routes atteint plusieurs centimètres , cette première nuit de repos nous remet nos forces et notre bonne humeur , et la journée du 9 et 10 , nous prenons un repos bien gagné , ce qui permet de nous nettoyer , ....

 

 

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" .... car nous en avions bien besoin . Le 11 à 6 heures du matin , nous quittons Gézoncourt , et nous reprenons la direction des jours derniers , nous traversons Martincourt et nous sommes bientôt en vue de l'ennemi , qui apercevant ce déplacement de troupes , nous envoie quelques coups de canon qui heureusement tapent à côté . Vers midi nous arrivons à Bernécourt ou les obus tombent assez épais , nous sommes ici dans ce village en compagnie de régiments alpins , le 157è et nous sommes a la disposition du 31è corps d'armée . Le cantonnement n'est pas très confortable , car c'est dans une grange presque sans paille ou il n'y a que de la poussière et aussi des poux . Le 12 nous passons une agréable journée de repos , mais une attaque est décidé et le 13 au matin nos bataillons prennent la direction de l'ennemi , sur Flirey , a gauche du bois de Mortmare , notre section de mitrailleuses est a Bernécourt en réserve , dans la matinée du 13 , nous entendons le bombardement qui dure plus d'une heure , et vers dix heures l'assaut est donné . Les tranchées ennemis sont conquises et alors s'impose la tache difficile de les conserver , vite il faut aménager  a nouveau , et ouvrir l'oeil car l'ennemi va contre attaquer , pendant cette journée , l'ennemi essaie de prononcer une ou deux attaques qui ...

 

 

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" .... sont arrêtées nettes . La journée du 14 est particulièrement terrible par suite d'un bombardement affreux de la part de l'ennemi , la journée de la veille nous a coûté bien des hommes et la journée du 14 va augmenter le nombre des pertes de la veille , c'est lamentable . Le 14 au soir , nous recevons l'ordre de remplacer les sections qui sont dans les tranchées . Nous quittons Bernécourt a 7 heures , le bombardement de la journée a causé de grand malheur , il y a plus de mal que la veille , ou on était monté à l'assaut des tranchées , ce bombardement était une préparation d'attaque que l'on avait arrêté assez tôt . Chemin faisant la route est échelonnée de blessés qui sont encore capable de se rendre jusqu'au 2è poste de secours , les renseignements que nous donnent ces blessés sur la position et la situation sont tout a fait décourageant , aussi c'est en pinçant les lèvres que nous montons aux tranchées . Arrivé au poste de secours , le spectacle est triste car les blessés y sont en nombre très importants , et comme c'est le canon qui a causé tout ce mal , inutile de dire que les blessés sont en triste état , cette triste chose nous impressionne encore d'avantage que toute les conversations que l'on peut nous ....

 

 

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" ... raconter , enfin nous continuons notre chemin vers les tranchées , conduit par un agent de liaison . Bientôt , nous voici dans les boyaux qui accèdent aux tranchées de 2è et 1ère ligne , c'est encombré partout , les boyaux sont presque complètement démolis par le bombardement , le passage en est rendu très difficile par suite des blessés que l'on transporte , et par les hommes de corvée qui montent divers accessoires de défense , et autre chose : Il nous faut plus d'une heure pour arriver aux premières lignes , ou souvent il nous faut monter sur des morts et prendre garde aux blessés , entre autre un allemand est étendu dans le boyau , et au moment ou nous passons sur lui en évitant de monter dessus , par une fente sérieux , il nous crie ( camarade français ) . Enfin nous voici à notre emplacement  , la tranchée conquise offre bien des difficultés , car une étendue de plusieurs centaines de mètres est encore aux mains de l'ennemi . A cet effet , on a aménagé , dans la dite tranchée un mur en sac de terre , ce qui fait  tout simplement la séparation de nous avec les allemands , c'est sur ce mur que une de nos mitrailleuse , est ici en batterie sous ma surveillance , il faut donc ouvrir l'oeil et le bon . Vers 2 heures du matin les compagnies du 78è sont remplacées par le 157ème alpin ....