suite 6

 

 

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" ... Durant toute la soirée nous les attendons mais ils passent sans nous prévenir , nous passons donc la nuit sous les arbres du parc . Le lendemain après s'être retrouvé enfin , nous rejoignons notre bataillon . Nous sommes toujours à Chatelraould ou depuis quatre jours s'est déroulé l'affreuse bataille . Les dégâts sont très grands . De toute part des cadavres et des blessés , a plusieurs endroits le matériel a moitié détruit obstrue la route , nous avançons toujours au milieu de ce triste tableau . L'ennemi n'est plus la , il a délogé , une lueur d'espoir gonfle nos coeurs . ( Ça nous a coûté cher mais nous avons gagné ) . Nous continuons  à avancer , nous traversons le village de Courtemange , ou le bombardement et l'incendie on tout détruit , des cadavres au milieu des décombres achèvent de brûler . La , nous faisons plusieurs prisonniers . Dans la soirée nous arrivons dans un village ou nous y passons une bonne nuit de repos . Le lendemain douze nous quittons ce village a six heures , nous marchons toute la matinée et chaque village que nous traversons sont tous détruit , dans la soirée nous arrivons a Bussy Le Repos ou nous devons cantonner .... "

 

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" ... Nous sommes heureux de pouvoir nous abriter durant la nuit car la pluie tombe en abondance . Seulement le pain nous manque et nous avons grand faim . Nous quittons Bussy Le Repos le lendemain matin à sept heures , bientôt nous sommes dans de grandes plaines ou marchent des quantités de troupes a nos cotés , le terrain est boueux et presque impraticable pour les régiments d'artillerie . Ce jour la , je perdis mon bataillon après m'être arrêté un instant , je fus incapable de me trouver avec les miens , le temps était superbe , et ce jour la fut pour moi une promenade d'agrément , car ayant appris que le soir la quarante cinquième brigade se rendait cantonner à Herpon , je pris donc cette direction , et bientôt j'étais beaucoup plus avancé que les autres du régiment ayant été retardé dans leur marche , par l'encombrement des routes . C'est avec grand plaisir que je pris plaisir a voir plusieurs divisions de cavalerie qui se lançait avec courage a la poursuite des allemands . J'arrive quelques instants avant le régiment a Herpon , j'ai donc le temps de visiter un peu le village qui a été affreusement pillé ...."

 

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" .... Après s'être retrouver avec mon régiment , nous nous rendons au cantonnement  , ou nous passons une assez bonne nuit de repos . Je ne peut passer sans signaler un petit incident qui se produisit dans la matinée a la pointe du jour , étant couché dans une grange avec porte à chaque bout , un gros cochon traverse au galop sur les paisibles dormeurs , qui effrayé par ce pauvre animal , se demandait si la grange s'éfondrait , cet incident ne manque pas de nous faire rire un bon coup . Par une pluie torrentielle nous quittons Herpon a 9h30 , nous nous dirigeons vers st Menehould . Vers trois heures nous sommes près de la ville et je ne sais pourquoi nous séjournons en colonne déployé jusqu'a la nuit dans un champ voisin . A la nuit nous rentrons dans la ville , plusieurs maisons sont encore abandonné , l'ennemi a passé par la ça se voit , nous sommes cantonné dans un entrepôt de tabac , la maison est pillé et dans le dépôt de tabac , les tonneaux contenant le tabac à fumer a disparu , il ne reste que le tabac a priser qui répandu par toute la cave , ou on pourrait remplir des milliers de tabatières . Donc dans cette maison qui comprend plusieurs pièces , entre autre un beau salon , nous y passons .... "

 

 

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" .... donc une bonne nuit , car il y a longtemps que nous avions pas eu la chance de coucher sur un canapé ou sur un lit . Nous quittons St Ménéhould le lendemain a 7 heures , nous séjournons dans un champ voisin jusqu'à midi , et ensuite on se met en marche : Nous traversons le plateau de Valmy , en entendant toujours le bruit du canon , nous arrivons a la nuit dans un petit village Don Martin ou nous y passons la nuit . Le lendemain matin 16 septembre nous partons a 7 heures par un mauvais temps , il y a une quantité effroyable de boue , les hommes sont méconnaissables . A 3 heures on s'arrêtte enfin et nous avons pas grand chose à manger , mais comme nous sommes en plein champs , nous faisons la chasse aux pommes de terre . A la nuit , nous déplaçons un peu et chacun se façonne une couchette pour passer la nuit a la belle étoile , et cependant il pleut averse , aussi dès deux heures beaucoup des hommes sont debout et ont allumé du feu pour se réchauffer . Comme nous avions touché de quoi manger la veille , sauf du pain en petite quantité , la .... "

 

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" .... matinée est employée à faire un peu de cuisine et a 10 heures nous quittons cet emplacement toujours sous la pluie : Nous traversons une grande étendue de bois de sapins , nous nous arrêtons dans ces pauvres bois ou nous devons passer la nuit , nous sommes la sans vivres , et en hâte nous construisons de médiocres abris , car il pleut toujours et nous dormons sous la pluie tant bien que mal . Malgré la défense formelle de faire du feu , de grands foyer brille dans la nuit , et chacun se réchauffe après cette nuit de pluie , le canon tonne sans cesse . Le lendemain à 6 heures nous quittons cet emplacement , nous revenons à l'emplacement de la veille et par le même chemin : nous prenons la grande route de Suippes , le bombardement a fait de grand ravages , un grand nombre de maisons ne forme plus que des ruines . Non loin de la nous faisons grand-halte , et ensuite nous pénétrons dans le camp de Chalons . Après 4 heures de marche nous nous arrêtons tout près des baraquements du camp en vue de ( Mourmelon Le Grand ) nous devons y passer ... "

 

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" ... la nuit sans abri , un temps épouvantable , la fusillade fait rage non loin de nous . Au petit jour , de grand feu éclairent l'horizon malgré le danger que nous risquons en vue de l'ennemi , chacun veut se réchauffer avant tout . Durant les deux jours suivants du 19 et 20 nous les passons dans notre bois de sapins ou nous construisons des abris du mieux que nous pouvons car les nuits sont froides puiqu'il pleut toujours : Les vivres  abondent de toute part à côté des jours précédents : Aussi faisons nous honneur a la cuisine , et nos estomacs sont heureux de se rassasier . Durant ce séjour la fusillade fait rage sur les positions qui sont près de nous . Le 21 au matin croyant que nous resterions encore ici , nous recevons l'ordre vers 8 heures  d'aller nous installer dans les casernements du camp . Nous voici bientôt installé convenablement , et nous nous croyons tranquilles , mais voici que vers 4 heures nous recevons l'ordre de partir immédiatement , nous abandonnons vivres et autres objets dans notre précipitation . Nous partons donc a 4 heures nous traversons ( Moumelon Le Petit ) et en route Reims . Voici la voie ferrée sabotée , saccagée par l'ennemi ... "